Examen du permis Question n°53

Vérifiez la présence du constat amiable dans la voiture.

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Constat amiable : comment le remplir et comprendre l'assurance auto

Guide pratique du constat amiable, les trois niveaux d'assurance auto, et ce que l'examinateur attend sur le sujet.

Parking de supermarchĂ©, samedi matin. Vous revenez avec vos courses, et voilĂ  : une rayure profonde sur l’aile arrière, un pare-chocs enfoncĂ©. Un petit papier pliĂ© sous l’essuie-glace. Ou pire — pas de papier du tout. Ce qui se passe dans les cinq jours qui suivent dĂ©termine si votre assurance prend en charge les rĂ©parations ou si vous sortez votre carte bleue. Cinq jours. Pas cinq semaines. Pas « quand j’aurai le temps. » Cinq jours ouvrĂ©s pour dĂ©clarer le sinistre Ă  votre assureur — c’est l’article L113-2 du Code des assurances, et ce dĂ©lai n’est pas nĂ©gociable.

En France, on recense environ 3,5 millions de sinistres automobiles dĂ©clarĂ©s chaque annĂ©e. Un conducteur sur quatre est impliquĂ© dans un accident au cours d’une annĂ©e donnĂ©e. Plus de la moitiĂ© de ces sinistres sont des accrochages mineurs — parkings, manoeuvres, crĂ©neaux ratĂ©s. Le genre d’incident qui semble anodin jusqu’au moment oĂą il faut remplir un formulaire que personne n’a jamais lu avant d’en avoir besoin.

Le constat amiable : un contrat, pas un formulaire

Le document bleu europĂ©en d’accident, dit « constat amiable », n’est pas un simple rĂ©cit de ce qui s’est passĂ©. C’est un document contractuel. Ce que vous y Ă©crivez et signez vous engage juridiquement. Une case cochĂ©e par erreur peut inverser la responsabilitĂ©. Un croquis imprĂ©cis peut transformer un accident oĂą vous n’ĂŞtes pas en tort en un 50/50 — et un 50/50 impacte votre bonus-malus exactement comme un accident responsable Ă  50 %.

Le constat amiable est composĂ© de deux colonnes identiques (A et B), une pour chaque conducteur. Chaque colonne comporte les mĂŞmes rubriques, remplies par chaque partie. Une fois signĂ© et les feuillets sĂ©parĂ©s, aucune modification n’est possible. Le papier autocopiant crĂ©e deux exemplaires identiques au moment de la rĂ©daction — ce qui empĂŞche toute altĂ©ration ultĂ©rieure. C’est pour cette raison qu’on le remplit toujours sur un support dur, stylo bille, avant de sĂ©parer les feuillets.

Ne signez jamais un constat amiable avec des cases vides dans la partie de l’autre conducteur. Les cases vides peuvent ĂŞtre remplies après coup si les feuillets n’ont pas encore Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s. Remplissez tout sur place, vĂ©rifiez chaque case, et ne sĂ©parez les feuillets qu’une fois la relecture terminĂ©e par les deux parties.

Les 12 cases qui décident de tout

La partie centrale du constat — les fameuses cases numĂ©rotĂ©es de 1 Ă  17 dans la colonne « circonstances » — est le coeur du document. Chaque conducteur coche les cases qui dĂ©crivent sa situation au moment de l’accident. Ce n’est pas un rĂ©cit libre : c’est un système de cases prĂ©dĂ©finies, et le nombre de cases cochĂ©es a un impact direct sur la rĂ©partition de responsabilitĂ©.

Les cases les plus fréquemment en jeu :

Case Circonstance Impact typique
2 Quittait un stationnement / ouvrait une portière Responsabilité fréquente
4 Sortait d’un parking, d’un lieu privĂ© ResponsabilitĂ© quasi systĂ©matique
6 S’engageait sur une place Ă  sens giratoire ResponsabilitĂ© si non-prioritĂ©
8 Heurtait Ă  l’arrière en roulant dans le mĂŞme sens ResponsabilitĂ© quasi automatique
10 Reculait Responsabilité quasi automatique
14 Avait tourné à droite Évaluation selon le contexte
15 Avait tourné à gauche Responsabilité fréquente

Cocher la case 8 (heurt Ă  l’arrière) place le conducteur en tort dans la quasi-totalitĂ© des cas. Cocher la case 10 (marche arrière) revient pratiquement Ă  reconnaĂ®tre sa responsabilitĂ©. Ces règles ne sont pas arbitraires : elles reflètent le Code de la route. Celui qui recule doit s’assurer que la voie est libre. Celui qui suit doit maintenir une distance de sĂ©curitĂ© suffisante pour s’arrĂŞter.

Le croquis, en bas du constat, complète les cases. Il doit montrer les voies de circulation, le sens de dĂ©placement de chaque vĂ©hicule, la signalisation (stop, cĂ©dez-le-passage, feux), et le point d’impact. Un bon croquis peut sauver un conducteur quand les cases sont ambiguĂ«s. Un croquis bâclĂ© — deux rectangles et une flèche — ne sert Ă  rien.

Le constat amiable europĂ©en a Ă©tĂ© harmonisĂ© pour fonctionner dans tous les pays de l’UE. Le formulaire est identique dans sa structure, quel que soit le pays d’Ă©mission. Un constat rempli en France entre un conducteur français et un conducteur espagnol est lisible par les deux assureurs, parce que les numĂ©ros de cases sont les mĂŞmes dans toutes les langues. C’est l’un des rares documents administratifs vĂ©ritablement standardisĂ©s Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne.

Les trois niveaux d’assurance : tiers, intermĂ©diaire, tous risques

Votre contrat d’assurance dĂ©termine ce qui est couvert après l’accident. Et la diffĂ©rence entre les trois niveaux est beaucoup plus concrète que ce que les plaquettes commerciales laissent entendre.

L’assurance au tiers — c’est le minimum lĂ©gal, la seule assurance obligatoire en France. Elle couvre exclusivement les dommages que vous causez aux autres : l’autre vĂ©hicule, les passagers blessĂ©s, le lampadaire arrachĂ©. Votre propre voiture ? Rien. ZĂ©ro. Vous pouvez l’envoyer dans un mur — l’assurance paiera le mur, pas votre rĂ©paration. Le terme technique est « responsabilitĂ© civile automobile », et elle est obligatoire depuis la loi du 27 fĂ©vrier 1958. Rouler sans elle est un dĂ©lit passible de 3 750 euros d’amende.

L’assurance intermĂ©diaire (ou « tiers Ă©tendu ») ajoute des garanties ciblĂ©es Ă  la responsabilitĂ© civile : vol, incendie, bris de glace, catastrophes naturelles, parfois assistance dĂ©pannage. Votre voiture est couverte contre ces risques spĂ©cifiques, mais pas contre les dommages de collision. Si vous percutez un poteau, l’intermĂ©diaire ne couvre pas la rĂ©paration de votre vĂ©hicule. Si votre voiture est volĂ©e, oui.

L’assurance tous risques couvre tout — y compris les dommages Ă  votre propre vĂ©hicule, mĂŞme quand vous ĂŞtes responsable. C’est la formule la plus chère, mais c’est aussi la seule qui vous protège dans le scĂ©nario du parking : votre voiture rayĂ©e, aucun responsable identifiĂ©, pas de tiers Ă  qui imputer les dĂ©gâts. Avec un contrat au tiers, cette rayure est entièrement Ă  votre charge.

Garantie Tiers (RC) Intermédiaire Tous risques
Dommages causés aux autres Oui Oui Oui
Vol Non Oui Oui
Incendie Non Oui Oui
Bris de glace Non Oui Oui
Catastrophe naturelle Non Oui Oui
Dommages à votre véhicule (collision responsable) Non Non Oui
Dommages sans tiers identifié Non Non Oui

3 750 euros

Amende maximale pour conduite sans assurance (dĂ©lit prĂ©vu par l’article L324-2 du Code de la route). En pratique, l’amende forfaitaire minorĂ©e est de 500 euros. Mais au-delĂ  de l’amende, c’est la responsabilitĂ© financière personnelle qui est vertigineuse : un accident corporel grave sans assurance, c’est le Fonds de Garantie des Assurances (FGAO) qui indemnise la victime — puis se retourne contre vous pour rĂ©cupĂ©rer l’intĂ©gralitĂ© des sommes, parfois sur des dĂ©cennies.

Le bonus-malus : la mémoire longue de votre conduite

Le coefficient de bonus-malus (officiellement « coefficient de rĂ©duction-majoration ») est un multiplicateur appliquĂ© Ă  votre prime d’assurance. Chaque annĂ©e sans sinistre responsable, votre coefficient baisse de 5 %. Chaque sinistre responsable le multiplie par 1,25. Le système a une mĂ©moire longue et une patience courte.

Vous démarrez à 1,00. Après une année sans sinistre : 0,95. Après deux ans : 0,90. Après treize années consécutives sans accident responsable, vous atteignez le plancher : 0,50 — votre prime est divisée par deux. Treize ans pour atteindre le maximum de bonus. Un seul accident responsable pour remonter de 0,50 à 0,625 — ce qui efface en un instant presque trois années de bonne conduite.

Le système est volontairement asymĂ©trique. Il rĂ©compense lentement et punit vite. Un conducteur avec un bonus de 0,50 qui cause un accident voit son coefficient remonter Ă  0,625. Pour revenir Ă  0,50, il lui faudra de nouveau… treize ans sans sinistre. Le malus maximum est plafonnĂ© Ă  3,50 — un coefficient atteint après une sĂ©rie de sinistres responsables qui multiplie la prime par trois et demi.

Le système bonus-malus français date du 1er janvier 1976. Avant cette date, les assureurs fixaient librement les surprimes en cas de sinistre — certains doublaient la prime au premier accident, d’autres ne modifiaient rien. Le gouvernement a imposĂ© un barème unique pour mettre fin Ă  ces disparitĂ©s. Cinquante ans plus tard, le coefficient 0,50 reste l’objectif de tout conducteur, et le terme « bonus 50 » est entrĂ© dans le langage courant.

Accident sans constat : que faire ?

Votre pare-chocs est enfoncĂ© et l’autre conducteur est parti. Pas de constat, pas de numĂ©ro, pas de plaque. Ce scĂ©nario a un nom : le dĂ©lit de fuite. Et il change tout.

Si l’autre conducteur est identifiĂ© plus tard, c’est un dĂ©lit pĂ©nal (article 434-10 du Code pĂ©nal) passible de 3 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Mais en attendant, votre situation dĂ©pend de votre contrat. Avec une assurance tous risques, vos dommages sont couverts (sous rĂ©serve de franchise). Avec un contrat au tiers, vous ne percevez rien — sauf si la police retrouve le responsable et que vous engagez un recours.

Dans tous les cas, la procédure est la même : portez plainte, déclarez le sinistre à votre assureur dans les cinq jours, et fournissez tous les éléments disponibles — photos, témoignages, vidéosurveillance du parking si elle existe.

En cas d’accident corporel (mĂŞme lĂ©ger), le dĂ©lai de dĂ©claration est rĂ©duit Ă  24 heures si un vol est impliquĂ©, mais reste de 5 jours ouvrĂ©s pour un accident de la circulation. Et si l’accident implique une catastrophe naturelle, le dĂ©lai passe Ă  10 jours après la publication de l’arrĂŞtĂ© de catastrophe naturelle au Journal officiel.

L’examinateur peut poser la question : « Quel document devez-vous remplir en cas d’accident ? » RĂ©ponse : le constat amiable (constat europĂ©en d’accident). Il doit ĂŞtre rempli sur place par les deux conducteurs, signĂ©, puis envoyĂ© Ă  son assureur dans un dĂ©lai de 5 jours ouvrĂ©s. On peut aussi vous demander : « Quelle est l’assurance minimum obligatoire ? » RĂ©ponse : l’assurance au tiers, qui couvre la responsabilitĂ© civile — les dommages causĂ©s aux autres.

La franchise : le prix de votre participation

Même avec une assurance tous risques, vous ne récupérez pas 100 % du coût des réparations. La franchise est la somme qui reste à votre charge dans chaque sinistre. Elle varie selon les contrats : 150, 300, 500 euros, parfois plus. Son rôle est double — elle dissuade les déclarations de sinistres mineurs et elle réduit le coût de votre prime.

Un calcul que peu de conducteurs font : si la réparation coûte 400 euros et que votre franchise est de 300 euros, déclarer le sinistre ne vous rapporte que 100 euros — mais il déclenche un malus de 25 % sur votre coefficient. Sur une prime annuelle de 600 euros, ce malus vous coûtera 150 euros la première année, puis continuera de peser pendant des années. Financièrement, il est parfois plus intelligent de ne pas déclarer un petit sinistre et de payer la réparation soi-même. Les assureurs ne le diront jamais. Votre portefeuille, si.

Le e-constat : le papier passe au numérique

Depuis 2014, l’application e-constat auto (disponible sur iOS et Android, Ă©ditĂ©e par France Assureurs) permet de remplir un constat amiable directement sur son tĂ©lĂ©phone. Le document numĂ©rique a la mĂŞme valeur juridique que le formulaire papier. Il est gĂ©olocalisĂ©, horodatĂ©, et envoyĂ© directement Ă  votre assureur — ce qui Ă©limine le risque de perte et accĂ©lère le traitement.

L’application guide le remplissage Ă©tape par Ă©tape, propose des schĂ©mas de circonstances prĂ©dĂ©finis, et permet d’ajouter des photos. En 2023, environ 15 % des constats Ă©taient rĂ©alisĂ©s via l’application — un chiffre qui progresse chaque annĂ©e, mais qui montre que le papier bleu a encore de beaux jours devant lui. Avoir un constat papier dans sa boĂ®te Ă  gants reste la prĂ©caution la plus fiable : un tĂ©lĂ©phone peut ĂŞtre cassĂ© dans l’accident, dĂ©chargĂ©, ou simplement lent Ă  8 heures du matin un jour de pluie.

Si l’examinateur demande : « Montrez-moi le constat amiable » lors de la vĂ©rification intĂ©rieure, ouvrez la boĂ®te Ă  gants et prĂ©sentez le formulaire. On peut aussi vous demander Ă  quoi il sert : c’est un document qui permet de dĂ©crire les circonstances d’un accident et d’identifier les parties impliquĂ©es. Il doit ĂŞtre signĂ© par les deux conducteurs.

Cinq jours pour dĂ©clarer. Deux colonnes Ă  remplir. Des cases qui pèsent plus lourd qu’un rĂ©cit. Un coefficient qui met treize ans Ă  descendre et une seconde Ă  remonter. Le système français d’assurance automobile est un mĂ©canisme de prĂ©cision — il ne pardonne ni l’ignorance ni la nĂ©gligence, mais il protège ceux qui en comprennent les règles. Et la première de ces règles, la plus simple : avoir un constat amiable dans la boĂ®te Ă  gants avant d’en avoir besoin.

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