Examen du permis Question n°38

À l’aide de la plaque indicative, donnez la pression préconisée pour les pneumatiques arrière véhicule chargé.

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Question n°38 À l’aide de la plaque indicative, donnez la pression préconisée pour les …
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Distances de freinage, de réaction et d'arrêt : le calcul qui sauve

Comprendre la distance de réaction, la distance de freinage et la distance d'arrêt, avec les formules simples et les facteurs qui les allongent.

À 130 km/h, vous parcourez 36 mètres par seconde. Votre temps de réaction – une seconde en conditions idéales – consomme 36 mètres avant même que votre pied touche la pédale de frein. La distance de freinage en ajoute 93. Total : 129 mètres. Un terrain de football complet, des buts aux buts. Et ça, c’est sur route sèche, conducteur reposé, sobre, attentif, par beau temps.

Mouillez la route, et ce terrain de football devient un terrain et demi.

Trois distances, pas une

On parle souvent de « distance de freinage » comme si c’était une seule chose. C’est trois choses distinctes, qui s’additionnent dans un ordre implacable.

La distance de réaction. C’est la distance que parcourt votre voiture entre le moment où vos yeux voient le danger et le moment où votre pied commence à appuyer sur la pédale. Pendant ce temps, la voiture roule à pleine vitesse, en ligne droite, sans ralentir d’un seul km/h. Votre cerveau doit percevoir, analyser, décider, envoyer un signal nerveux à votre jambe, et votre jambe doit quitter l’accélérateur et se déplacer vers le frein. Tout cela prend du temps.

La distance de freinage. Une fois le pied sur la pédale, c’est la distance nécessaire pour que la voiture passe de sa vitesse initiale à zéro. Elle dépend de la vitesse, du poids, des pneus, des freins, et surtout de l’adhérence de la route.

La distance d’arrêt. C’est la somme des deux. La seule qui compte vraiment, parce que c’est la distance réelle entre « je vois l’obstacle » et « la voiture est immobile ».

Un piéton traverse à 80 mètres devant vous. Vous roulez à 90 km/h sur une nationale. Votre temps de réaction est d’une seconde. Pendant cette seconde, vous parcourez 25 mètres. Ensuite, le freinage consomme 40 mètres. Total : 65 mètres. Vous vous arrêtez à 15 mètres du piéton. Il est vivant. Maintenant, rejouez la même scène avec un téléphone dans la main. Votre temps de réaction passe à 2,5 secondes. La distance de réaction grimpe à 62 mètres. Plus les 40 mètres de freinage : 102 mètres. Le piéton était à 80. Il ne marchera plus jamais.

La formule qu’il faut connaître

La distance de réaction se calcule facilement. Prenez votre vitesse en km/h, multipliez par 3 et divisez par 10. À 90 km/h : 90 × 3 / 10 = 27 mètres. À 130 km/h : 130 × 3 / 10 = 39 mètres. C’est un arrondi (le calcul exact donne 25 et 36 mètres), mais il est rapide et suffisamment précis pour un examen – et pour la vie.

Pour la distance de freinage sur route sèche, la formule classique est V² / 2, avec V exprimé en dizaines de km/h. À 50 km/h, V = 5, donc 5² / 2 = 12,5 mètres. À 90 km/h, V = 9, donc 9² / 2 = 40,5 mètres. À 130 km/h, V = 13, donc 13² / 2 = 84,5 mètres.

Ce V² est la clé de tout. Doublez votre vitesse, et la distance de freinage est multipliée par quatre. Pas par deux – par quatre. Passer de 50 à 100 km/h, ce n’est pas doubler le risque, c’est le quadrupler.

« Quelle est la distance d’arrêt à 50 km/h sur route sèche ? » Distance de réaction (1 seconde) : 50 × 3 / 10 = 15 m. Distance de freinage : 5² / 2 = 12,5 m. Distance d’arrêt : 15 + 12,5 = 27,5 mètres. Sur route mouillée, multipliez la distance de freinage par 2 : 15 + 25 = 40 mètres.

Vitesse Distance de réaction (1 s) Freinage (sec) Arrêt total (sec) Freinage (mouillé) Arrêt total (mouillé)
30 km/h 9 m 4,5 m 13,5 m 9 m 18 m
50 km/h 15 m 12,5 m 27,5 m 25 m 40 m
70 km/h 21 m 24,5 m 45,5 m 49 m 70 m
90 km/h 27 m 40,5 m 67,5 m 81 m 108 m
110 km/h 33 m 60,5 m 93,5 m 121 m 154 m
130 km/h 39 m 84,5 m 123,5 m 169 m 208 m

Regardez la colonne « mouillé » pour 130 km/h : 208 mètres. Deux terrains de football. Voilà pourquoi les autoroutes affichent 110 km/h par temps de pluie – ce n’est pas de la prudence administrative, c’est de la physique.

Le temps de réaction n’est jamais d’une seconde

Une seconde, c’est le chiffre théorique, celui d’un conducteur en pleine forme, sobre, concentré, les deux mains sur le volant, de jour, sur une route qu’il connaît. Ce cas de figure existe rarement.

La fatigue fait passer le temps de réaction à 1,5 voire 2 secondes. Les études sur simulateur montrent que 17 heures sans dormir produisent les mêmes effets qu’un taux d’alcool de 0,5 g/l. Conduire à 5 heures du matin après une journée de travail, c’est conduire en état d’ébriété légale – sans avoir bu une goutte.

L’alcool est dévastateur. À 0,5 g/l, le temps de réaction augmente de 30 à 50 %. À 0,8 g/l, il double. Le champ de vision se rétrécit (l’effet tunnel), l’évaluation des distances se brouille, et la coordination motrice se dégrade. La distance de réaction à 130 km/h passe de 36 mètres à 72. Trente-six mètres de plus avant même de freiner.

Le téléphone est le pire de tous, parce qu’il cumule trois distractions : visuelle (les yeux quittent la route), cognitive (le cerveau traite la conversation ou le message), et manuelle (une main lâche le volant). Le temps de réaction d’un conducteur au téléphone est comparable à celui d’un conducteur à 0,8 g/l d’alcool. Regarder un SMS pendant 5 secondes à 90 km/h, c’est parcourir 125 mètres en aveugle.

× 2,5

Facteur multiplicateur du temps de réaction avec un smartphone en main. Un conducteur sobre et reposé qui manipule son téléphone réagit aussi lentement qu’un conducteur à 0,8 g/l – le seuil délictuel en France.

Les médicaments sont un facteur sous-estimé. Les boîtes portent des pictogrammes (niveaux 1, 2 ou 3) indiquant l’impact sur la conduite. Le niveau 3 (triangle rouge) signifie « ne pas conduire ». Certains antihistaminiques, somnifères et antidouleurs classiques sont au niveau 2 ou 3. On ne pense pas à vérifier la boîte avant de prendre le volant. On devrait.

La route mouillée : le coefficient qui change tout

Sur chaussée sèche, le coefficient d’adhérence entre un pneu en bon état et l’asphalte est d’environ 0,7 à 0,8. Sur chaussée mouillée, il chute à 0,4 voire 0,3. En pratique, la règle retenue est simple : sur route mouillée, multipliez la distance de freinage par 2. La distance de réaction reste identique (votre cerveau ne fonctionne pas plus lentement parce qu’il pleut), mais le freinage prend deux fois plus de distance.

Sur verglas, le coefficient tombe à 0,1. La distance de freinage est multipliée par 7 à 10. À 50 km/h sur verglas, il faut entre 87 et 125 mètres pour s’arrêter. À cette vitesse-là, même un parking semble trop court.

Les dix premières minutes de pluie sont les plus dangereuses. L’eau se mélange aux résidus d’huile, de caoutchouc et de poussière accumulés sur la chaussée, formant un film glissant que la pluie n’a pas encore eu le temps de rincer. Le coefficient d’adhérence est alors plus bas que sous une pluie continue. Les statistiques de la Sécurité routière montrent un pic d’accidents dans les quinze premières minutes de précipitations.

Et puis il y a l’aquaplanage. Au-delà d’une certaine vitesse sur une surface couverte d’eau, les sculptures du pneu ne parviennent plus à évacuer l’eau assez vite. Un film d’eau s’interpose entre le pneu et l’asphalte. Le pneu flotte. L’adhérence tombe à zéro. Ni le freinage, ni le volant ne fonctionnent plus. La voiture dérive comme un bateau. Deux facteurs l’aggravent : des pneus usés (les rainures sont moins profondes, l’eau est moins bien évacuée) et la vitesse. Un pneu neuf à 90 km/h évacue environ 26 litres d’eau par seconde. Un pneu à 1,6 mm de sculpture en évacue bien moins – et c’est le seuil légal.

La règle des deux secondes

Connaître les distances exactes, c’est utile pour l’examen. Mais sur la route, personne ne sort une calculatrice. Les ingénieurs de sécurité routière ont trouvé plus simple : la règle des deux secondes.

Le véhicule devant vous passe un repère fixe – un panneau, un pont, un arbre. Vous comptez : « un Mississippi, deux Mississippi ». Si vous atteignez le même repère avant la fin du deuxième « Mississippi », vous êtes trop près.

Pourquoi deux secondes ? Parce qu’à n’importe quelle vitesse, deux secondes d’écart couvrent approximativement la distance de réaction plus une marge de sécurité raisonnable. À 50 km/h, deux secondes = 28 mètres. À 130 km/h, deux secondes = 72 mètres. Ce n’est pas suffisant pour couvrir la totalité de la distance d’arrêt, mais c’est un minimum vital qui suppose que le véhicule devant vous ne s’arrête pas instantanément – il ralentit, et vous commencez à freiner pendant qu’il freine encore.

« Quelle distance de sécurité devez-vous respecter sur autoroute ? » La réponse officielle : au moins deux secondes d’intervalle avec le véhicule qui précède. En pratique, cela correspond à environ 73 mètres à 130 km/h – repérable grâce aux bandes blanches de la bande d’arrêt d’urgence, espacées de 38 mètres : deux bandes = distance minimale. Par temps de pluie, passez à trois ou quatre secondes.

Sur autoroute, la distance de sécurité insuffisante est verbalisable : amende de 135 euros et retrait de 3 points. Mais l’enjeu n’est pas l’amende. À 130 km/h, si le véhicule devant vous freine brutalement et que vous êtes à moins de deux secondes, la physique ne vous laisse aucune chance. Aucun temps de réaction, aucun ABS, aucun airbag ne compense le fait d’être trop près.

Le V² : pourquoi 10 km/h de plus changent tout

La relation entre vitesse et distance de freinage n’est pas linéaire – elle est quadratique. Passer de 50 à 60 km/h ne rajoute pas 20 % de distance de freinage. Le calcul : 5² / 2 = 12,5 m contre 6² / 2 = 18 m. C’est 44 % de plus, pour 10 petits km/h.

Ce phénomène s’amplifie dans les hautes vitesses. La différence entre 120 et 130 km/h semble dérisoire au compteur – c’est la différence entre percuter un obstacle à 40 km/h et s’arrêter juste devant. L’énergie cinétique suit la même loi : ½mv². Doublez la vitesse, quadruplez l’énergie. Et cette énergie, en cas de choc, c’est votre corps qui l’absorbe.

Un choc à 50 km/h équivaut à une chute du troisième étage. Un choc à 90 km/h, du dixième étage. Un choc à 130 km/h, du vingtième. La ceinture et l’airbag peuvent absorber une chute du troisième étage. Le dixième est déjà critique. Le vingtième, personne n’y survit.

En 2018, la limitation à 80 km/h sur les routes nationales a remplacé le 90 km/h. La distance de freinage à 80 km/h est de 32 mètres ; à 90 km/h, elle est de 40,5 mètres. Huit mètres et demi de différence. C’est exactement la longueur d’un passage piéton. Cette mesure a été estimée par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière comme ayant sauvé environ 350 vies par an dans les deux premières années de son application.


Trente-six mètres par seconde. Un terrain de football. Un V au carré. Ce ne sont pas des abstractions mathématiques – ce sont les dimensions physiques de l’espace entre la vie et la mort sur la route. La distance de réaction dépend de vous : sobre, reposé, attentif, téléphone rangé. La distance de freinage dépend de la physique : vitesse, adhérence, état des pneus. La seule variable sur laquelle vous avez un contrôle total, instantané, à tout moment, c’est votre pied droit. Dix km/h de moins, et le terrain de football rétrécit de vingt mètres. Parfois, c’est exactement les vingt mètres qui manquaient.

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