Examen du permis Question n°20

Contrôlez l’état, la propreté et le fonctionnement des feux de route.

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Question n°20 Contrôlez l’état, la propreté et le fonctionnement des feux de route.
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Feux de route et appels de phares : usage, réglementation et courtoisie

Quand utiliser les feux de route, comment effectuer un appel de phares, les situations d'éblouissement et les règles de courtoisie au volant.

100 000 lux dans les yeux

C’est ce que vous projetez dans le visage d’un conducteur qui arrive en face quand vous oubliez de basculer en feux de croisement. Pour donner une échelle : regarder le soleil en plein midi, c’est 100 000 lux. Vous infligez l’équivalent du soleil direct à quelqu’un qui pilote une tonne de métal dans votre direction, à une vitesse combinée de 180 km/h.

La rétine met entre 1 et 3 secondes à récupérer après un éblouissement par des feux de route. A 90 km/h, votre voiture parcourt 25 mètres par seconde. Faites le calcul : entre 25 et 75 mètres de conduite en aveugle complet. De nuit, sur une nationale, c’est la distance entre la vie et un platane.

Départementale en Beauce, 22h30. Route droite, déserte, pas un lampadaire à vingt kilomètres. Vous roulez en feux de route, la chaussée se déroule loin devant vous. Deux points lumineux apparaissent à l’horizon. Vous oubliez de basculer. L’autre conducteur, lui, a basculé. Il vous fait un appel de phares. Trop tard : son geste vous a ébloui encore davantage. Pendant deux secondes, vous ne voyez plus rien — ni la route, ni les bas-côtés, ni le virage qui arrive. Deux secondes. Cinquante mètres.

Ce ballet de lumière entre deux véhicules qui se croisent la nuit repose sur un ensemble de règles simples, un réflexe qui devrait être automatique, et un langage que tout conducteur devrait parler couramment.

Ce que vos phares font vraiment

Votre voiture dispose de deux niveaux d’éclairage avant : les feux de croisement et les feux de route. Les confondre avec un simple variateur d’intensité serait une erreur. Ce sont deux faisceaux de conception radicalement différente.

Les feux de croisement projettent un faisceau asymétrique, coupé net en haut et décalé vers la droite. Cette géométrie est calculée pour éclairer la route devant vous sans éblouir les conducteurs en face. Portée utile : environ 70 mètres. Intensité : 10 000 à 15 000 candelas.

Les feux de route projettent un faisceau symétrique, droit devant, sans coupure. Toute la puissance des optiques est libérée dans l’axe de la route. Portée : plus de 100 mètres, parfois jusqu’à 200 mètres sur les systèmes modernes. Intensité : 100 000 candelas et au-delà.

Feux de croisement Feux de route
Faisceau Asymétrique, coupé Symétrique, plein axe
Portée ~70 m 100-200 m
Intensité 10 000-15 000 cd 100 000+ cd
Témoin tableau de bord Vert Bleu
Usage Partout, de nuit ou visibilité réduite Route non éclairée, hors agglomération
Risque d’éblouissement Faible (faisceau coupé) Maximal

La différence de portée explique tout. A 90 km/h, votre distance d’arrêt dépasse 70 mètres sur chaussée sèche. Avec les feux de croisement seuls, vous roulez à la limite exacte de votre visibilité — ce que les moniteurs appellent « rouler dans ses phares ». Les feux de route vous redonnent de la marge.

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Le rapport d’intensité entre les feux de croisement et les feux de route. Passer de 15 000 à 100 000 candelas, ce n’est pas « un peu plus de lumière ». C’est la différence entre une lampe de chevet et un projecteur de stade.

Le commodo : deux gestes, deux fonctions

Tout se joue sur la manette gauche du volant, le commodo d’éclairage. Deux mouvements, deux résultats complètement différents.

Pousser le commodo vers l’avant (en s’éloignant de vous) : les feux de route s’enclenchent et restent allumés. Le témoin bleu s’allume au tableau de bord. Les feux restent en position haute jusqu’à ce que vous repoussiez la manette.

Tirer le commodo vers vous : un bref flash de feux de route — l’appel de phares. Dès que vous relâchez, les feux reviennent en position précédente. C’est un signal, pas un éclairage.

Ce témoin bleu au tableau de bord est d’ailleurs unique. C’est le seul voyant bleu de tout le combiné d’instruments. Vert pour les feux de croisement, bleu pour les feux de route. Si vous voyez du bleu sur votre tableau de bord et qu’un véhicule approche, vous avez un problème.

Le symbole du témoin de feux de route — un phare avec des rayons horizontaux droits — est normalisé au niveau mondial par la convention de Vienne de 1968. Que vous soyez dans une Dacia à Bucarest ou une Toyota à Osaka, c’est le même pictogramme bleu. Les rayons des feux de croisement, eux, sont orientés vers le bas et vers la gauche.

Le langage des appels de phares

L’appel de phares est un geste de communication. Un coup bref de feux de route qui dit quelque chose au conducteur d’en face ou de devant. Mais ce qu’il dit dépend du contexte — et la loi n’en autorise que certains usages.

Ce que le Code de la route autorise :

  • Signaler un danger : un obstacle sur la route, un accident, un animal, une situation anormale. L’article R416-12 est clair : l’appel de phares peut servir d’avertissement lumineux pour signaler un danger.
  • Avertir d’un dépassement : avant de dépasser hors agglomération, un appel de phares prévient le véhicule que vous vous apprêtez à doubler. De nuit, c’est même le signal recommandé à la place du klaxon, interdit entre 22h et 6h en agglomération.

Ce que la loi interdit (en théorie) :

  • Signaler un contrôle de vitesse : l’article R413-15 interdit d’avertir les autres usagers de la présence des forces de l’ordre. Amende de quatrième classe — 135 euros. En pratique, la quasi-totalité des conducteurs français le font, et la sanction est rarement appliquée. Mais elle existe.

En dehors du cadre légal, l’appel de phares fait partie d’un vocabulaire routier informel que tout le monde comprend. Un flash de l’autre côté de la route peut vouloir dire : « Tes feux de route m’éblouissent », « Il y a un danger plus loin », ou « Je te cède le passage ». Le contexte fait tout.

L’appel de phares comme outil de solidarité routière est une spécificité très française. Dans les pays anglo-saxons, un flash signifie plus souvent « Je passe, écartez-vous » — le sens exact inverse du « je te laisse passer » français. Un malentendu qui a provoqué plus d’une situation tendue entre conducteurs de nationalités différentes.

Quand allumer, quand éteindre

Les feux de route ne s’utilisent que dans un cadre précis :

  • Hors agglomération — en ville, l’éclairage public rend les feux de route inutiles et dangereux
  • Sur route non éclairée — si des lampadaires illuminent la chaussée, les feux de croisement suffisent
  • Pas de véhicule en face — dès que vous apercevez les phares d’un véhicule venant en sens inverse, basculez
  • Pas de véhicule devant — vos feux de route dans le rétroviseur d’un conducteur qui vous précède sont tout aussi aveuglants que de face

La règle de bascule est un réflexe qui doit devenir automatique : dès que des phares apparaissent, que ce soit en face ou devant vous, vous passez en croisement. Immédiatement. Pas « quand il sera plus près ». Le temps que votre cerveau hésite, l’autre conducteur a déjà perdu une ou deux secondes de vision.

Les feux de route dans le rétroviseur intérieur du véhicule qui vous précède sont un piège sous-estimé. Le conducteur devant vous reçoit votre faisceau en réflexion directe dans les yeux. Beaucoup de conducteurs pensent à basculer en croisant un véhicule, mais oublient de le faire en suivant quelqu’un. La courtoisie s’applique dans les deux directions.

Les yeux de la machine : les systèmes automatiques

Depuis le milieu des années 2010, les constructeurs équipent leurs véhicules de systèmes de commutation automatique des feux de route — AHB (Automatic High Beam) ou AFL (Adaptive Forward Lighting). Une caméra fixée derrière le pare-brise détecte les phares des véhicules en approche et les feux arrière des véhicules qui précèdent. Quand elle en repère, le calculateur bascule en croisement. Quand la route redevient vide, les feux de route se réactivent.

Le système est devenu quasi standard sur les voitures neuves depuis 2018-2019. Il fonctionne remarquablement bien sur autoroute et nationale, où les sources lumineuses sont prévisibles. En revanche, il peut hésiter en ville, face à des vitrines éclairées, des panneaux réfléchissants ou des cyclistes dont le faible éclairage n’est pas toujours détecté.

Les systèmes les plus avancés — le matrix LED de certains constructeurs allemands — vont encore plus loin. Au lieu de basculer entre deux modes, ils découpent le faisceau en dizaines de segments LED individuels. Le système éteint uniquement la zone qui éblouirait le véhicule en face et conserve les feux de route partout ailleurs. Vous gardez 90 % de votre éclairage maximal tout en préservant l’autre conducteur. De la chirurgie lumineuse à 130 km/h.

Les phares adaptatifs matrix LED peuvent gérer jusqu’à 84 segments lumineux individuels. Chaque segment s’allume ou s’éteint indépendamment, plusieurs dizaines de fois par seconde. Le résultat : un « tunnel de lumière » qui enveloppe le véhicule en face sans l’éclairer, tout en illuminant la route autour de lui.

Les feux de route sont un équipement obligatoire selon l’article R313-2 du Code de la route. Tout véhicule à moteur doit en être pourvu. Rouler avec un feu de route défaillant constitue une infraction — même si vous ne les utilisez que rarement.

La portée réglementaire minimale est fixée à 100 mètres. En pratique, les optiques modernes dépassent largement ce minimum, mais le chiffre de 100 mètres reste la référence pour les questions d’examen et les calculs de distance de sécurité.

Vérification des feux de route : Mettez le contact, poussez le commodo vers l’avant, descendez et vérifiez l’allumage des deux feux. Contrôlez la propreté des optiques. Le témoin bleu au tableau de bord confirme l’activation. Pour l’appel de phares : tirez brièvement le commodo vers vous et expliquez qu’il sert à avertir d’un danger ou à signaler un dépassement.

Qu’est-ce qu’un appel de phares ? C’est une activation brève des feux de route, obtenue en tirant le commodo vers soi. Il sert à signaler un danger aux autres usagers ou à prévenir d’un dépassement. De nuit, il remplace le klaxon comme signal sonore.

La nuit, la lumière est un langage

Il y a quelque chose d’étrangement intime dans la communication entre deux voitures la nuit. Pas de visages, pas de gestes, juste deux faisceaux de lumière qui se croisent dans l’obscurité. Un conducteur qui bascule en croisement au bon moment dit silencieusement : « Je t’ai vu, je fais attention à toi. » Celui qui oublie dit : « Tu n’existes pas. »

Les feux de route sont l’outil le plus puissant de votre voiture pour voir la nuit. L’appel de phares est le mot le plus court de votre vocabulaire routier. Le premier vous donne la route. Le second vous donne la parole. Savoir quand utiliser l’un et quand utiliser l’autre — et surtout quand s’arrêter — c’est la différence entre un conducteur qui maîtrise la nuit et un conducteur qui aveugle les autres en croyant bien faire.

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