Examen du permis Question n°52

Vérifiez l’état, la propreté et le fonctionnement des feux diurnes.

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Question n°52 Vérifiez l’état, la propreté et le fonctionnement des feux diurnes.
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Feux diurnes : histoire, fonctionnement et vérification

Tout savoir sur les feux diurnes : leur origine scandinave, la réglementation européenne, comment les vérifier à l'examen du permis.

Votre tableau de bord est noir. Vos feux sont éteints.

Vous roulez sur l’autoroute un soir de novembre. Il est 17h30, le ciel vire au gris sombre, et vous vous sentez en sécurité : devant vous, deux faisceaux lumineux éclairent la route. Tout va bien.

Sauf que non. Derrière votre voiture, il n’y a rien. Pas un seul feu. Pour les conducteurs qui vous suivent, votre véhicule est une silhouette sombre à 130 km/h. Et vous ne le savez pas.

Imaginez la scène depuis le véhicule derrière vous. Visibilité réduite, ciel bas, début de pluie. Devant, une forme grise sans aucun éclairage arrière. Le conducteur freine. Trop tard. Vous étiez convaincu que vos feux étaient allumés — et techniquement, c’était vrai. Vos feux diurnes fonctionnaient parfaitement. Le problème : les feux diurnes ne sont pas des feux de croisement.

Cette confusion tue des gens chaque année. Et elle repose sur un détail que la plupart des conducteurs ignorent.

Ce que les feux diurnes ne font pas

Les feux diurnes — DRL en anglais, pour Daytime Running Lights — s’allument automatiquement au démarrage du moteur. Deux sources lumineuses à l’avant, rien de plus. Pas de feux arrière. Pas de feux de position. Pas d’éclairage du tableau de bord.

C’est cette dernière absence qui constitue le meilleur indice. Si votre tableau de bord est sombre alors que la luminosité extérieure baisse, vous roulez en feux diurnes. Passez aux feux de croisement : le tableau de bord s’éclaire, les feux arrière s’activent, vous redevenez visible de partout.

Feux diurnes (DRL) Feux de croisement
Avant Oui Oui
Arrière Non Oui
Tableau de bord éclairé Non Oui
Consommation ~10 W (LED) ~110 W (halogène)
Activation Automatique au démarrage Manuelle ou capteur de luminosité
Fonction Être vu de face, en plein jour Voir la route ET être vu de partout

Les feux diurnes ne servent qu’à une chose : rendre votre voiture visible de face pendant la journée. Ils ne sont pas conçus pour éclairer la route, et ils ne protègent pas votre arrière. Deux fonctions radicalement différentes, et les confondre est le piège le plus courant.

Les situations les plus dangereuses : le crépuscule, l’entrée d’un tunnel, la pluie forte. Dans chacune de ces situations, les feux diurnes restent allumés à l’avant mais l’arrière du véhicule reste totalement invisible. Le conducteur, lui, ne remarque rien — il voit la route devant lui.

L’invention scandinave

Pourquoi ces feux existent-ils ? La réponse commence en Suède, en 1977.

Entre octobre et mars, le soleil suédois rase l’horizon. Les routes traversent d’immenses forêts de conifères qui plongent la chaussée dans une semi-obscurité permanente, même à midi. Les autorités suédoises ont imposé l’allumage des feux de croisement en permanence, de jour comme de nuit. Les résultats ont été nets : baisse mesurable des collisions frontales et latérales en conditions de faible contraste. Un véhicule éclairé est un véhicule qu’on voit, même quand on pense déjà bien voir.

La Finlande, la Norvège, le Danemark et l’Islande ont suivi. Mais rouler en permanence avec les feux de croisement posait un problème concret : les ampoules halogènes grillaient plus vite, et la consommation électrique augmentait. D’où l’idée d’un feu dédié au jour — moins puissant, moins gourmand, conçu uniquement pour signaler la présence du véhicule.

Les premiers constructeurs à voir le potentiel esthétique des DRL ont été les marques scandinaves, dans les années 1990. Mais c’est Audi qui a transformé le concept au milieu des années 2000, avec ses bandes LED en forme de crochet devenues une signature visuelle. Du jour au lendemain, les feux diurnes sont passés d’équipement de sécurité nordique à élément de design désirable.

Le 7 février 2011

Cette date a changé la face avant de toutes les voitures européennes. Le règlement CE 87/2011 rend les feux diurnes obligatoires sur tous les nouveaux modèles de voitures et petits utilitaires vendus dans l’Union européenne. Les camions et bus suivront le 7 août 2012.

Tout véhicule homologué après ces dates doit être équipé de DRL qui s’allument automatiquement au démarrage. Aucune action du conducteur n’est requise — c’est d’ailleurs tout l’intérêt du système, et paradoxalement, tout le problème. L’automatisme crée l’illusion que « tout est allumé ». Le conducteur ne touche à rien, il voit de la lumière devant lui, et son cerveau conclut que ses feux fonctionnent. Sauf que seul l’avant est éclairé.

10 W vs 110 W

Consommation d’une paire de feux diurnes LED contre une paire de feux de croisement halogènes. Cette économie d’énergie a été l’argument décisif pour créer un feu dédié plutôt qu’imposer les feux de croisement en permanence.

La physique de « être vu »

Les feux diurnes émettent entre 400 et 1 200 candelas. Les feux de croisement : 5 000 à 15 000 candelas. Cette différence n’est pas un défaut — c’est le cahier des charges. En plein jour, un feu trop puissant éblouirait les autres conducteurs. Les DRL sont calibrés pour se distinguer de l’environnement lumineux diurne sans agresser l’oeil.

La recherche a confirmé l’intuition suédoise à grande échelle. Une méta-analyse de la Commission européenne, compilant 41 études internationales, a conclu que les feux de jour réduisaient de 5 à 15 % les collisions entre véhicules en plein jour. Les accidents les plus concernés : les collisions frontales et latérales aux intersections — exactement les situations où un conducteur n’a pas détecté le véhicule arrivant en face ou sur le côté.

Les conditions où les DRL font la plus grande différence : routes bordées d’arbres avec alternances d’ombre et de lumière, ciel uniformément gris, zones urbaines encombrées où l’attention visuelle est dispersée.

L’idée de rouler avec les feux allumés en plein jour vient en partie des motos. Dès les années 1960, des études britanniques et américaines ont montré que les motos phare allumé étaient impliquées dans moins d’accidents. En France, le feu de croisement est obligatoire pour les motos depuis 1975 — plus de trente ans avant l’obligation pour les voitures.

Le truc du tableau de bord

C’est la seule chose à retenir pour ne jamais tomber dans le piège.

Quand vos feux diurnes sont actifs, votre tableau de bord reste sombre — pas de rétroéclairage des cadrans, pas de témoin de feux de position. Dès que vous passez aux feux de croisement, le tableau de bord s’illumine.

La règle est donc simple : si la luminosité extérieure baisse et que votre tableau de bord est noir, vous êtes en DRL. Allumez vos feux de croisement. C’est un réflexe qui prend deux secondes et qui rend votre arrière visible. Sur les véhicules équipés d’un capteur de luminosité automatique, la bascule se fait seule. Mais tous les véhicules n’en disposent pas, et même ceux qui en sont équipés peuvent avoir un seuil de déclenchement trop tardif.

Vérification des feux diurnes à l’examen : Mettez le contact (ou démarrez le moteur). Descendez du véhicule, placez-vous face à l’avant. Vérifiez que les deux feux diurnes s’allument. Contrôlez leur propreté et leur état (pas de fissure, pas de saleté). C’est tout — pas besoin de toucher au commodo, les DRL s’activent seuls.

L’utilité des feux diurnes : Ils servent à être mieux vu des autres usagers en plein jour. Ils s’allument automatiquement, consomment peu d’énergie, mais ne remplacent pas les feux de croisement — car ils n’éclairent pas l’arrière du véhicule.

Quand le design rencontre la sécurité

Les feux diurnes modernes sont presque exclusivement à LED. Au-delà de la faible consommation, la LED offre aux designers une liberté de forme que l’halogène ne permettait pas : bandes continues, arcs, points, signatures lumineuses qui identifient une marque à 200 mètres. Ce qui était un dispositif de sécurité scandinave est devenu l’un des éléments de design les plus importants de l’automobile contemporaine.

Mais cette technologie a un revers. Les LED sont intégrées au bloc optique et ne se remplacent pas individuellement. Une LED qui faiblit ou s’éteint peut exiger le remplacement de tout le module — de 100 à plus de 500 euros selon les modèles. Contrairement aux ampoules halogènes qui grillent d’un coup, les LED se dégradent progressivement : perte d’intensité, changement de teinte, extinction partielle. Des défauts subtils, faciles à ignorer, qu’un tour du véhicule contact mis permet de repérer.

Les feux diurnes sont situés bas, souvent dans le pare-chocs, directement exposés aux projections de boue et de sel. Un DRL encrassé perd l’essentiel de son efficacité. Le geste utile est le même que pour tous les feux : un coup de chiffon humide en passant, surtout en hiver.

Votre voiture vous signale aux autres avant même que vous y pensiez — à condition de comprendre exactement ce qu’elle fait, et ce qu’elle ne fait pas. Le tableau de bord sombre, c’est le signal. Le reste, c’est un geste de la main sur le commodo.

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