Examen du permis Question n°1

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Réglage de la hauteur des phares : pourquoi, comment et vérification

Pourquoi le réglage de la hauteur des phares est essentiel, comment fonctionne le correcteur et ce que l'examinateur attend à l'examen du permis.

Quatre valises dans le coffre, trois passagers sur la banquette arrière, un conducteur, et la voiture part en vacances. L’arrière s’enfonce de cinq centimètres. Le capot se redresse. Rien de spectaculaire — sauf que les phares, qui éclairaient la route 70 mètres devant, pointent maintenant vers le visage de chaque conducteur en face. Vous ne le voyez pas depuis votre siège. Mais les autres, eux, ne voient plus rien du tout.

Quelque part sur votre tableau de bord, probablement à gauche du volant, près de la commande d’éclairage, il y a une petite molette numérotée de 0 à 3. La plupart des conducteurs ne l’ont jamais touchée. Certains ignorent son existence. Elle est pourtant là pour résoudre un problème de physique que chaque départ en charge crée — et que la loi vous demande de corriger.

La physique d’une voiture chargée

Une voiture à vide repose sur ses suspensions dans une position d’équilibre calibrée en usine. Les phares sont réglés pour éclairer la route à un angle précis — en général, le faisceau de croisement illumine entre 30 et 70 mètres devant le véhicule, avec une inclinaison descendante d’environ 1 à 1,5 % (soit 1 à 1,5 cm de descente par mètre de distance).

Ajoutez 300 kg dans le coffre et sur la banquette. Les ressorts arrière se compriment sous la charge. L’essieu avant, libéré du contrepoids, remonte. L’ensemble bascule : le nez se lève, la queue s’abaisse. Les phares, solidaires de la carrosserie, suivent ce mouvement. Leur angle par rapport à la route change.

Le décalage est minuscule en degrés — 1 à 2° tout au plus. Mais la géométrie de la lumière amplifie tout.

1,5°

L’inclinaison suffit pour qu’un faisceau de croisement, normalement coupé à 70 m, éclaire des objets à plus de 300 m — c’est-à-dire droit dans les yeux des conducteurs en face. Un degré et demi. L’épaisseur d’un ongle.

Le correcteur de site : une molette, quatre positions

Le correcteur de site (ou correcteur de hauteur des phares) est le dispositif qui compense cette bascule. Sur la grande majorité des voitures, il se présente sous la forme d’une molette rotative (parfois appelée thumbwheel) marquée de 0 à 3.

Chaque position correspond à un scénario de chargement :

Position Situation type Effet sur les phares
0 Conducteur seul ou avec un passager avant Phares au plus haut (réglage usine)
1 Tous les sièges occupés Légère correction vers le bas
2 Tous les sièges occupés + bagages dans le coffre Correction moyenne
3 Conducteur seul + coffre plein (charge maximale à l’arrière) Phares au plus bas — correction maximale

La position 3 n’est pas « tous les passagers plus le coffre plein ». C’est le cas le plus déséquilibré : tout le poids à l’arrière, personne à l’avant pour compenser. C’est là que le basculement est le plus violent.

En tournant la molette, vous actionnez un petit moteur électrique fixé à l’arrière de chaque bloc optique. Ce moteur déplace le réflecteur (ou le module projecteur) de quelques degrés vers le bas. Le faisceau s’abaisse. Les conducteurs en face cessent d’être aveuglés. Votre éclairage redevient utile au lieu de dangereux.

Le terme technique français est « correcteur de site » — le mot site désignant l’angle vertical d’un faisceau par rapport à l’horizontale, emprunté au vocabulaire de l’artillerie. Régler la hauteur de ses phares, c’est littéralement régler le site de tir de ses projecteurs.

La ligne de coupure : un faisceau qui n’a rien de symétrique

Beaucoup de gens imaginent qu’un phare projette un cône de lumière uniforme. C’est le cas des feux de route. Mais les feux de croisement — ceux que vous utilisez 95 % du temps la nuit — produisent un faisceau asymétrique avec une frontière nette : la ligne de coupure (cutoff line).

Cette ligne est horizontale du côté gauche (côté circulation en face) et remonte en oblique du côté droit. La géométrie est délibérée :

  • À gauche : le faisceau est coupé net et bas pour ne pas éblouir les conducteurs venant en sens inverse. Pas un photon au-dessus de l’horizontale de ce côté.
  • À droite : le faisceau monte plus haut, à environ 15° d’angle, pour éclairer les panneaux de signalisation, les bas-côtés, les piétons sur le trottoir.

C’est cette asymétrie qui rend le réglage de hauteur si critique. Quand le faisceau bascule vers le haut à cause de la charge, c’est la ligne de coupure gauche qui dépasse l’horizontale. Exactement la zone conçue pour protéger les conducteurs en face. Toute la logique du faisceau de croisement s’effondre.

C’est aussi la raison pour laquelle conduire une voiture à conduite à gauche (type britannique) sur le continent est problématique la nuit. Le faisceau est conçu en miroir : il monte à gauche et coupe à droite — exactement l’inverse de ce qu’il faut. En France, les voitures immatriculées au Royaume-Uni qui traversent la Manche doivent coller des déflecteurs sur leurs phares pour modifier la zone éclairée. Sans ça, chaque feu de croisement devient un feu de route pour la voie d’en face.

Question 1 — vérification intérieure : « Montrez la commande de réglage de la hauteur des phares et expliquez à quoi elle sert. » Désignez la molette (généralement à gauche du volant, près du commodo d’éclairage). Explication attendue : cette molette permet d’ajuster l’inclinaison des phares en fonction de la charge du véhicule, pour ne pas éblouir les autres usagers. C’est la phrase clé — l’examinateur veut entendre le mot éblouir (ou éblouissement).

Le régloscope : 10 milliradians de précision

L’alignement des phares n’est pas vérifié à l’œil nu. Lors du contrôle technique, un technicien utilise un appareil appelé régloscope — une boîte optique montée sur roulettes, équipée d’une lentille de Fresnel et d’un écran gradué. L’appareil se place face à chaque phare, à une distance calibrée, et mesure l’angle exact du faisceau en milliradians (mrad).

La tolérance réglementaire est serrée : l’inclinaison du faisceau de croisement doit être comprise entre 10 et 15 mrad vers le bas (soit 1 à 1,5 %). Un phare qui pointe trop haut ou trop bas est un défaut soumis à contre-visite — vous devez le corriger et revenir.

L’article R313-2 du Code de la route impose que tout dispositif d’éclairage soit « en bon état de fonctionnement et correctement réglé ». Un correcteur de site hors service — moteur grillé, molette qui ne répond plus — est un défaut. La vérification est binaire : ça marche ou ça ne marche pas.

Un phare mal réglé ne se voit pas forcément depuis le siège du conducteur. Le faisceau peut sembler correct devant vous tout en aveuglant systématiquement les voitures en face. Si des conducteurs vous font des appels de phares alors que vous êtes en feux de croisement, vérifiez votre correcteur de site — et faites contrôler l’alignement de vos phares.

Correction automatique : quand la molette disparaît

Les phares xénon (HID) produisent une lumière deux à trois fois plus intense que les halogènes. Un faisceau xénon mal orienté n’éblouit pas — il aveugle. L’Union européenne a tranché : depuis la directive 98/48/CE, entrée en application en 1999, tout véhicule équipé de phares xénon doit disposer d’un correcteur automatique de site et d’un lave-phares.

Le système automatique utilise des capteurs de hauteur montés sur les bras de suspension — un à l’avant, un (ou deux) à l’arrière. Ces capteurs mesurent en continu la distance entre la caisse et l’essieu. Quand vous chargez le coffre, les capteurs détectent la compression arrière, calculent le changement d’assiette, et ajustent l’angle des phares en temps réel. Pas de molette, pas d’intervention humaine, pas d’oubli possible.

Les phares LED, de plus en plus courants depuis 2015, bénéficient souvent du même traitement. Les modules LED matriciels haut de gamme intègrent la correction automatique de série. Sur les véhicules d’entrée de gamme à LED simples, le correcteur manuel persiste — mais la tendance est à la disparition de la molette.

Les capteurs de hauteur de suspension utilisés pour la correction automatique des phares sont les mêmes que ceux qui alimentent les systèmes de suspension pneumatique et les calculateurs ESP. Un seul capteur, plusieurs fonctions — y compris, sur certains modèles, l’activation automatique des feux de détresse en cas de freinage d’urgence (la décélération brutale se lit dans la compression des suspensions).

Pourquoi tout le monde oublie

Le correcteur de site est probablement la commande la plus ignorée de l’habitacle. Il y a une raison simple : on ne charge sa voiture à bloc que quelques fois par an — départs en vacances, déménagements, trajets IKEA. Le reste du temps, la molette reste sur 0 et on l’oublie. Le jour où on en a besoin, on ne sait plus qu’elle existe.

Les constructeurs le savent. C’est pour ça que la correction automatique gagne du terrain. L’être humain est mauvais pour les tâches rares et peu spectaculaires. Régler ses phares avant de partir en vacances, c’est comme vérifier la pression de ses pneus : tout le monde sait que c’est nécessaire, presque personne ne le fait.

Le résultat est visible chaque été sur les autoroutes françaises. Des files de voitures chargées jusqu’au toit, correcteur sur 0, phares de croisement qui balaient les yeux de la voie d’en face comme des projecteurs de DCA. Des milliers de micro-éblouissements par heure, chacun créant 5 à 10 secondes de vision dégradée pour le conducteur en face. Multipliez ça par le trafic d’un week-end de juillet et vous comprenez pourquoi la fatigue visuelle explose sur les trajets de nuit estivaux.

La molette est là. Elle prend une seconde à tourner. Le jour où vous chargez la voiture, tournez-la. Le jour où vous déchargez, remettez-la à zéro. C’est tout ce qu’elle demande.

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